PALANCA PARTENAIRE DE « ART POUR LE CLIMAT »


LE COLLECTIF D’ART PALANCA PARTENAIRE DE

« ART POUR LE CLIMAT »

 

 De gauche à droite : Andy Kibundila Mango, responsable du projet Palanca en Afrique centrale et équatoriale ; Yann Raufaste, sculpteur et fondateur  du collectif d’art Palanca ; Mona Bessaa, artiste plasticienne, Kaell, artiste numérique et Frank, responsable du service de presse.

Dans le cadre de la soirée « Art pour le climat » organisée par Bruno Carrier le 18 juin 2018, plusieurs membres du collectif d’art Palanca se sont réunis autour d’une table prestigieuse, place Vendôme à Paris, pour discuter de projets alliant la cause artistique et environnementale.

Palanca et « Art pour le climat »

Tout commence à l’initiative de Bruno Carrier, consultant expert international, dont l’entreprise est toute entière vouée aux trois fondamentaux du développement durable : l’économie, le social et l’environnement. L’homme est en plus passionné d’art et sensible à la cause des artistes. C’est ainsi qu’il met en œuvre l’initiative « Art pour le climat », une vente d’art au profit du climat, en proposant des actions créatives et durables au service de l’environnement. Il sollicite pour ce faire des artistes de tous horizons. Comme l’explique Bruno Carrier « ART POUR LE CLIMAT est un projet global. Les dîners et les ventes caritatives servent la recherche climatique et l’art contemporain. Les artistes qui se mobilisent ne sont pas oubliés, ils reçoivent la moitié du produit des ventes. Quant aux acheteurs d’art? Ce sont des startups qui ont réussi dans l’environnement et le développement durable : elles font un geste pour le climat et pour les artistes, tout en défiscalisant leur achat d’art. Le mécanisme financier innovant que nous proposons est donc ouvert au don pour la recherche, mais il permet aussi aux artistes de mieux vivre de leur art, car tout l’argent ne va pas vers la cause climatique. Loin de s’opposer les deux logiques vont alors dans le même sens. C’est tout l’intérêt de la nouvelle plateforme qui sera inaugurée le 2 septembre. Mettre au service des artistes et des acheteurs, les plus sensationnelles technologies de l’époque à tout petit prix, associant blockchain et smart contracts défiscalisants, ce qui permet des ventes aux enchères sur mesure et instantanées grâce à 250 millions de smartphones francophones dans le monde. Chacune ou chacun peut faire un petit achat, une petite vente ou un micro-don de quelques euros à un projet artistique local, à l’autre bout du monde ou près de chez soi ».

Yann Raufaste, sculpteur, fondateur du Collectif d’Art Palanca, est vite repéré par consultant international. Il faut dire que la dynamique associative de Palanca et l’expertise de Yann relative au développement durable en Afrique notamment, sont en parfaite adéquation avec l’initiative de Bruno Carrier. Lorsque celui-ci expose son projet au sculpteur, Yann accepte aussitôt de se rallier à cette noble cause.

    Yann Raufaste, alias Yaska et Bruno Carrier parlent développement durable.

Mais au-delà de cette vente caritative d’œuvres d’art au profit de l’environnement, de quoi s’agit-il exactement ? Quel usage sera-t-il fait des fonds ? La question est posée à Yann Raufaste.

Il s’agit de proposer et participer à un ou deux projets ayant trait au développement durable, à l’environnement et le bâtir de A à Z. J’ai pour ma part des ouvertures concernant le Gabon, le Sénégal, le Cameroun mais aussi la Tunisie. Je connais leurs besoins. J’ai dans cette initiative toute liberté de proposition : dispensaire, école… La priorité dans ce type de projet est d’apporter les conditions favorables, primordiales comme l’eau et l’électricité. En Afrique par exemple, il existe toujours de très nombreux endroits et villages sans eau potable. Une eau non potable mais en plus polluée. Une fois l’énergie et l’eau installées, nous pouvons créer un dispensaire, une école, faire pousser fruits et légumes. Il faut savoir que dans le désert, dès qu’on plante quelque chose et qu’on l’arrose, ça pousse !

Si le projet peut se faire en Tunisie, l’idée serait d’installer des batteries solaires. Fournir de l’énergie à l’échelle d’un petit village de trois, quatre maisons, ce serait déjà bien.

Quant aux délais, au temps qu’il nous faudra pour mener à bien cette mission, difficile à dire… Il faut réunir des fonds, avoir les autorisations, attendre les résultats et études des sols, plan de masse, cadastre, et l’inventaire des matériaux et main d’œuvre pouvant participer à la construction du projet sur place…

Yann Raufaste, Africain dans l’âme

Yann connait le continent tel un autochtone Africain. Enfant, il habite avec ses parents dans des zones reculées d’Afrique équatoriale ou de l’Ouest, où il n’y a rien, explique-t-il. « J’ai appris à faire des constructions en banco, ce mélange de terre crue, d’eau et de paille hachée. Ce type d’habitation est suffisamment pérenne pour abriter la vie d’un homme. Une maison faite de paille tient déjà en Europe une centaine d’années ! Au Mali, la ville de Djenné, édifiée 250 av. J.-C., est entièrement construite en banco. Au Niger aussi ce type de construction défie le temps.

 

 

 

Une enfance africaine : Yann sur les bords du fleuve Ogooué au Gabon.

 

 

 

 

Celui que les Africains appelaient « le faux blanc » est intarissable. Le voilà évoquant amoureusement son adolescence africaine parmi les pygmées Aka. Yann se rappelle comment ces pygmées d’Afrique centrale travaillaient, comment ce peuple de chasseurs-cueilleurs s’est progressivement transformé. « Les femmes pygmées, très fertiles, s’accouplaient avec les Bantous qui faisaient travailler les pygmées dans leurs plantations de manioc. Avant un pygmée mesurait environ un mètre et dépassait très rarement 1m50 pour les plus grands. Aujourd’hui, les pygmées du fait des accouplements avec les Bantous et de leur régime alimentaire, sont de plus en plus grands ».

A l’écouter, on comprend mieux d’où vient la générosité et l’humilité de l’artiste Yann. « Pour le peuple Aka, poursuit-il, l’individuel n’existe pas, tout fonctionne avec le collectif, le groupe. Leur richesse, c’est un grand filet de chasse tissé et réparé par la communauté, quelques lances, haches, et des paniers pour la cueillette. Ils vivent en parfaite harmonie avec la nature. Par exemple, ils se font rarement piquer par une abeille ou mordu par un serpent. Quand tu as vécu avec ce peuple-là, tu as une autre vision du monde ».

Le sculpteur Yann Raufaste alias Yaksa

Yaska a appris son métier de sculpteur en Afrique. Enfant déjà il arpentait les rues accompagnant un cordonnier auprès duquel il s’initiait aux travaux de réparation manuelle. Puis il rencontra des sculpteurs maitres de la récup’ et des artistes peintres.

Yaska travaille tout type de matériau : bois, pierre, marbre, plâtre, argile, béton cellulaire etc., pour l’essentiel en taille directe. Les masques, les visages qu’il façonne sont toujours imprégnés de son vécu en Afrique. Il confie laisser une grande part de lui-même dans ses créations. « Je suis, dit-il, imprégné de ce que j’ai traversé, de ce que je traverse et de ce vers quoi je chemine. Je me rappelle toujours mon regretté ami Yatou qui disait : Les lumières du passé, projetées dans le présent, éclairent le futur. »

 

Pierre de Souppes

Zora par Yaska.

Pièce Unique en peuplier ciré sculpté entièrement aux ciseaux à bois et poncé sans l'aide de machine en 2003.<br /> Al'origine ce Chasseur portait une lance sur le dos qui dépassait de satête de 20 cm environ, celle-ci à été cassé lors d'une exposition de cette pièce à Pari.

Chasseur Pygmé Par Yaska

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mot de la fin

Avant d’achever cet entretien avec l’artiste Yaska, fondateur du collectif d’art Palanca, je lui demande s’il est un sujet que nous n’aurions pas abordé et dont il souhaiterait parler. Il ne réfléchit pas une seconde, l’évidence s’impose : « Les Occidentaux ne réalisent pas à quel point ils sont chanceux. Ils se réveillent le matin en bonne santé, sous un toit, ils ont l’eau courante, pour boire et se doucher. On se crée des besoins inutiles alors qu’on a déjà tout. Il faut le dernier smartphone, le téléviseur haut de gamme… Si l’on avait davantage conscience de notre richesse, on accueillerait autrement l’étranger. Des petites choses, basiques ici, sont des trésors là-bas, comme l’eau potable, juste ça ».

Mona Bessaa

Paris, 25 juin 2018